Audit énergétique, attestation ADEME, réforme DPE : ce qui change pour les propriétaires en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, un recalcul silencieux modifie l’étiquette énergétique de centaines de milliers de logements français, sans travaux. Parallèlement, les obligations liées à l’audit énergétique continuent de s’étendre. Pour un propriétaire qui vend ou qui loue, comprendre ces deux réalités est devenu incontournable.

Une réforme du DPE qui sort 850 000 logements des classes F et G

L’arrêté du 13 août 2025 abaisse le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9, à compter du 1er janvier 2026. Concrètement, la part électrique de la consommation d’un logement est réduite d’environ 17 % dans le calcul du DPE. Un appartement tout-électrique qui consommait 354 kWh/m²/an (classe F) peut ainsi passer à 292 kWh/m²/an et basculer en classe E, franchissant le seuil des 330 kWh/m²/an sans qu’une seule cloison soit isolée.

Pour en bénéficier, pas besoin de refaire un DPE complet : une attestation gratuite, disponible sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, suffit. On saisit le numéro à 13 caractères du diagnostic, le système recalcule et génère un PDF téléchargeable immédiatement. Cette attestation complète le DPE existant sans le remplacer, et elle est opposable à la vente comme à la location. 

Attention : seuls les logements chauffés à l’électricité et dotés d’un DPE établi après le 1er juillet 2021 sont éligibles. Les biens chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas concernés, les coefficients de ces énergies restant inchangés. Un coefficient de 1,7 est par ailleurs déjà prévu pour 2027, ce qui ouvrira une nouvelle attestation.

L’audit énergétique : une obligation qui s’impose à la vente

Au-delà de l’attestation gratuite, l’audit énergétique réglementaire suit un calendrier propre. Pour les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété, il est obligatoire à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les biens classés F ou G, et depuis le 1er janvier 2025 pour les biens classés E. L’acquéreur doit en disposer dès la première visite ; sans ce document, le notaire peut bloquer la transaction.

Contrairement au DPE, qui produit une simple étiquette, l’audit propose au minimum deux scénarios de travaux chiffrés, avec les aides mobilisables. Sa durée de validité est de cinq ans (contre dix pour le DPE), et son coût varie généralement entre 800 et 1 600 euros selon la surface et la complexité du bâti, à la charge du vendeur. Il est aussi exigé pour accéder à MaPrimeRénov’ Parcours Rénovation d’ampleur et à l’éco-PTZ pour les projets ambitieux.

Pour les propriétaires bailleurs, le reclassement d’un bien de F à E via l’attestation ADEME présente un enjeu concret : un logement en classe F sera interdit à la location dès 2028, alors qu’un bien reclassé E ne sera concerné qu’à partir de 2034. Six ans de marge supplémentaire, sans réaliser le moindre chantier.

La réglementation énergétique immobilière évolue rapidement, et chaque situation mérite d’être examinée au cas par cas. Propriétaires vendeurs ou bailleurs, une vérification du numéro de DPE sur l’Observatoire ADEME reste le premier réflexe à avoir avant d’engager des frais.

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