Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location. D’ici 2028, ce sera au tour des biens classés F, puis E en 2034. Pour les propriétaires bailleurs comme pour ceux qui envisagent une revente, la question n’est plus de savoir s’il faut rénover, mais comment s’y prendre efficacement. La rénovation énergétique globale s’impose de plus en plus comme la réponse la plus cohérente.
Une approche complète qui change tout sur la performance du logement
Contrairement à une intervention ponctuelle sur un seul équipement, la rénovation globale regroupe au minimum deux types de chantiers, souvent entre trois et cinq : isolation des parois opaques, remplacement des menuiseries, nouveau système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire, ventilation double flux, voire panneaux solaires thermiques. L’effet sur la classe DPE est bien plus significatif qu’une rénovation par geste, et c’est précisément ce que les calendriers réglementaires imposent d’atteindre.
Les chiffres du premier semestre 2026 illustrent cette montée en puissance : sur 110 835 logements rénovés grâce à MaPrimeRénov’, 41 409 relevaient d’une rénovation d’ampleur. La pompe à chaleur air/eau concentre à elle seule 41 % des gestes financés, signe d’une bascule progressive vers des systèmes plus performants. Et 93 % des logements concernés en 2025 étaient des passoires thermiques.
Des aides solides, à condition de s’organiser en amont
L’écosystème d’aides autour de la rénovation globale s’est structuré, mais il exige une préparation rigoureuse. Depuis le 23 février 2026, un rendez-vous préalable avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire avant toute demande de rénovation d’ampleur. L’Accompagnateur Rénov’ joue également un rôle clé : 87 % des bénéficiaires d’une rénovation globale déclarent en avoir profité, avec un taux de satisfaction de 90 %.
Côté financement, MaPrimeRénov’ (parcours accompagné) propose des subventions modulées selon les revenus : 5 636 € en moyenne pour les ménages très modestes au S1 2026. L’éco-prêt à taux zéro permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts sur 20 ans, et les Certificats d’Économie d’Énergie viennent compléter l’ensemble. Condition sine qua non : tous les artisans intervenants doivent être certifiés RGE. Sans ce label, aucune aide publique n’est versée.
Le bilan est convaincant : 75 % des bénéficiaires affirment n’avoir pas réalisé ces travaux sans la prime, et 83 % constatent une baisse effective de leur consommation sur leurs factures dans les 18 mois suivant le chantier. Pour les bénéficiaires d’une rénovation globale, cette proportion de décideurs sous condition d’aide monte à 89 %.
Un enjeu patrimonial autant qu’énergétique
Au-delà des obligations réglementaires, la rénovation globale produit un effet direct sur la valeur du bien. Un logement qui sort des classes F ou G améliore mécaniquement son attractivité à la location comme à la vente. À l’inverse, les passoires thermiques subissent une décote croissante sur le marché, accentuée par les interdictions de location progressives. Vendre un bien classé F ou G reste légal en France en 2026, mais sa valeur marchande en pâtit de plus en plus.
Pour les propriétaires en copropriété, des dispositifs spécifiques existent également : au S1 2026, 437 dossiers copropriétés ont été engagés, représentant 17 146 logements, avec une subvention moyenne de 11 312 € par logement.
Rénover globalement son logement, c’est donc agir sur plusieurs tableaux à la fois : conformité légale, confort, économies d’énergie et valorisation du patrimoine. Autant de raisons qui expliquent pourquoi le dispositif recueille 91 % de satisfaits parmi ses bénéficiaires, un niveau record depuis sa création en 2020.

