Le studio bis, parfois noté T1 bis dans les annonces, attire les investisseurs par son positionnement entre le studio classique et le T2. Surface légèrement supérieure, loyer un peu plus élevé, promesse d’un locataire plus stable. Les annonces immobilières mettent en avant cet entre-deux sans jamais détailler les zones d’ombre qui pèsent sur la rentabilité réelle et la fiscalité de ces biens.
Rendement net du T1 bis face au studio et au T2 : les écarts mesurés
La comparaison brute entre studio, T1 bis et T2 ne se limite pas au prix d’achat et au loyer affiché. Plusieurs indicateurs divergent selon la typologie, et les écarts se creusent une fois les charges et la vacance intégrées.
A lire en complément : Investir dans l'immobilier : trouvez des opportunités rentables
| Critère | Studio | T1 bis | T2 |
|---|---|---|---|
| Prix d’achat au m² (villes moyennes) | Plus élevé | Intermédiaire | Plus bas |
| Loyer au m² | Le plus élevé | Intermédiaire | Plus bas |
| Rotation des locataires | Élevée | Élevée | Modérée |
| Vacance locative (périphérie urbaine) | Modérée | Jusqu’à 20 % plus longue que le T2 | Référence |
| Décote à la revente (depuis mi-2024) | Faible | Observée | Stable |
Selon l’Observatoire de l’immobilier locatif 2025 des Notaires de France, les T1 bis sous-performent les studios en rendement net dans les villes moyennes hors Paris. La décote de revente observée depuis mi-2024 est liée en partie au renforcement des normes anti-sous-location Airbnb.
L’étude BFM Business de janvier 2025, menée auprès de 1 500 investisseurs, confirme une vacance locative accrue pour les T1 bis, jusqu’à 20 % plus longue que pour les T2 en périphérie urbaine. La rotation rapide des locataires temporaires, sans fidélisation, grignote le rendement net année après année.
Lire également : Investir dans l'immobilier : stratégies gagnantes et conseils

DPE et rénovation énergétique du studio bis : le piège de 2025
L’extension du Diagnostic de Performance Énergétique en 2025 change la donne pour les petites surfaces. Les studios bis mal isolés sont progressivement exclus des aides à la rénovation, notamment MaPrimeRénov’.
Un T1 bis classé F ou G dans une zone tendue devient un gouffre. Le propriétaire doit financer seul les travaux d’isolation pour maintenir le bien sur le marché locatif, sans pouvoir compter sur les dispositifs publics. Le coût de cette mise aux normes réduit mécaniquement la rentabilité, parfois au point d’annuler plusieurs années de loyers perçus.
Ce que les annonces omettent sur le DPE
Les annonces mentionnent la classe énergétique, rarement les conséquences concrètes. Un studio bis classé E peut sembler acceptable. En pratique, l’exclusion progressive des aides à la rénovation impacte directement la valeur patrimoniale du bien et sa capacité à générer un loyer conforme au marché.
- Vérifier la classe DPE avant toute offre d’achat, en demandant le diagnostic complet et non la seule étiquette de l’annonce
- Estimer le coût de mise aux normes thermiques sans aide publique, en sollicitant un devis auprès d’un artisan RGE
- Calculer l’impact de ces travaux sur le rendement net à cinq ans, pas seulement sur le loyer mensuel
Demande locative en baisse pour les T1 bis depuis 2024
Le rapport FNAIM « Marché locatif résidentiel 2025 » de mars 2025 documente une tendance à la baisse de la demande locative pour les studios et T1 bis. Deux facteurs se conjuguent : la hausse des taux d’intérêt, qui a réduit le nombre d’investisseurs entrants, et le retour au bureau post-pandémie.
Les étudiants et jeunes actifs, longtemps cible principale de ces biens, privilégient désormais des surfaces plus grandes. Le télétravail partiel a rendu le besoin d’espace plus sensible, même pour des budgets modestes. Un T1 bis de 25 m² dans une ville moyenne fait face à la concurrence de T2 dont les loyers n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions.
Rotation locataire et coût réel du turnover
Chaque changement de locataire génère des frais que les annonces ne mentionnent pas : remise en état, période de vacance, frais d’agence éventuels, relocation.
Sur un T1 bis, la rotation est comparable à celle d’un studio classique. En revanche, le loyer légèrement supérieur ne compense pas toujours ces coûts récurrents. Le turnover annuel absorbe une part significative du surplus de loyer affiché par rapport au studio standard.

Fiscalité du T1 bis en LMNP : les zones grises des annonces
Le statut LMNP (loueur en meublé non professionnel) reste le régime fiscal le plus fréquent pour les investisseurs en studio bis. Les annonces valorisent souvent l’amortissement comptable, qui permet de réduire l’imposition sur les revenus locatifs.
La réalité est plus nuancée. L’amortissement du bien repose sur une valeur comptable qui doit être justifiée. Pour un T1 bis, la part du terrain dans le prix d’achat (non amortissable) peut représenter une fraction plus importante que pour un appartement plus grand, réduisant la base amortissable réelle.
- La fraction amortissable dépend de la ventilation terrain/bâti, qui varie fortement selon la localisation et le type d’immeuble
- Les charges déductibles (travaux, mobilier, assurance) sont plafonnées par les recettes locatives en micro-BIC, ce qui limite l’avantage fiscal sur de petits loyers
- Un changement de régime fiscal en cours de détention peut générer un rattrapage d’imposition rarement anticipé à l’achat
L’enquête BFM Business de janvier 2025 souligne que la conformité fiscale des déclarations LMNP reste un point de vigilance majeur pour les investisseurs en petites surfaces. Le risque de redressement augmente quand la comptabilité repose sur des estimations approximatives de la valeur du bien.
Revente du studio bis : la décote que personne n’affiche
Depuis mi-2024, les Notaires de France observent une décote de revente sur les T1 bis dans les villes moyennes. Le renforcement des réglementations anti-sous-location de courte durée a réduit l’attractivité de ces biens pour les investisseurs qui comptaient sur Airbnb comme stratégie de sortie.
Un T1 bis acheté pour sa flexibilité locative perd cet avantage quand les règles locales interdisent ou limitent la location touristique. Le marché de la revente se restreint alors aux investisseurs longue durée, qui négocient plus durement le prix.
Le studio bis reste un produit d’investissement viable dans certaines configurations précises : centre-ville d’une métropole étudiante, DPE en classe A à C, prix d’achat en dessous du marché. Hors de ces conditions, les données 2025 montrent que le T2 offre un meilleur équilibre entre rendement, vacance et valorisation patrimoniale.

