Dans le contexte d’une crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, le télétravail est plus pertinent que jamais, et le gouvernement encourage la pratique à domicile pour lutter contre la propagation du virus. Qu’en est-il de son assurance ménagère dans ce cas ? Devrions-nous le changer quand on travaille de chez nous ?
Depuis la rentrée 2020, une large partie des Français a repris le chemin du travail… sans quitter leur salon. Le 18 août, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a appelé les employeurs à faire du télétravail une solution durable pour freiner la Covid-19. Résultat : pour beaucoup, la maison s’est transformée en bureau, et l’ordinateur n’a plus de répit. Mais derrière ce quotidien connecté se cachent des risques parfois négligés : surtension, orage, incident technique… Autant de tracas qui, dans le cadre du travail à distance, relèvent surtout de la responsabilité de l’employeur. C’est à lui de veiller à l’assurance du matériel professionnel, notamment avec une couverture multirisques adaptée.
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L’article L-1222-9 du Code du travail encadre très précisément le télétravail : tout accident survenu dans ce contexte est présumé être un accident du travail. Autrement dit, si un incident se produit pendant une journée de télétravail, il doit être géré comme s’il s’était déroulé dans les locaux de l’entreprise, et l’employeur reste en première ligne.
Côté assurance habitation, inutile de chambouler son contrat juste parce qu’on travaille depuis chez soi. Il reste toutefois judicieux de signaler à son assureur cette nouvelle organisation, histoire d’éviter les mauvaises surprises en cas de pépin.
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Biens personnels couverts par le contrat multirisques habitation
La question de la couverture des biens personnels revient souvent, surtout lorsque du matériel professionnel fait irruption à la maison. Dans la plupart des cas, l’assurance multirisques habitation (MRH) prend en charge les dommages causés à vos biens personnels, y compris ceux liés à l’activité professionnelle à domicile. Prenons l’exemple des contrats proposés par les grandes compagnies comme Axa : ils incluent systématiquement la responsabilité civile et couvrent les sinistres majeurs comme les dégâts des eaux, les incendies ou les catastrophes naturelles, que vous soyez responsable ou victime.
Les locataires, qu’ils occupent une maison ou un appartement, peuvent souscrire une assurance adaptée à leur situation. Lors de la remise des clés, le bailleur exige d’ailleurs un certificat d’assurance pour s’assurer que le logement est bien protégé.
Petit rappel utile : la responsabilité civile couvre non seulement les résidents du logement, mais aussi les éventuels dégâts causés à l’immeuble ou aux animaux de compagnie. L’assurance dommages, quant à elle, protège aussi bien le propriétaire (lorsqu’il doit répondre de dommages causés à autrui) que le locataire.
Pour les sinistres plus lourds, tels que vol, vandalisme, incendie ou dégâts des eaux, les garanties s’étendent aux locaux et à leur contenu. Il existe aussi des options supplémentaires à activer selon ses besoins, pour renforcer la couverture de son assurance habitation.
Télétravail : baisse des cambriolages et des dégâts des eaux
Le premier confinement, du 17 mars au 11 mai 2020, a changé la donne pour les assureurs. Selon une étude publiée le 23 juin 2020 par le courtier en ligne Reasurez-me, les sinistres les plus courants ont chuté de façon spectaculaire : -75 % pour les cambriolages, -30,5 % pour les dégâts des eaux. La présence quasi-permanente des occupants y est pour beaucoup.
Le télétravail, c’est aussi la capacité de réagir vite : une fuite, une odeur suspecte, et il est possible d’intervenir avant qu’un incident ne prenne de l’ampleur. Vivre et travailler sous le même toit, c’est parfois le meilleur des systèmes d’alarme.
Face à ces bouleversements, l’assurance habitation n’a pas dit son dernier mot. Entre nouvelles habitudes et risques inédits, la vigilance reste de mise. L’époque où l’on quittait son logement vide toute la journée semble déjà loin : la maison, désormais, ne dort jamais tout à fait.

